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Tourisme

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17/10/2013

Le nord de l’Aveyron et le sud du Cantal posent de graves problèmes à leurs visiteurs : à moins de disposer d’énormément de temps, ils seront obligés de faire des choix qui n’auront heureusement rien de cornélien parmi les innombrables sites et les non moins nombreux paysages qui s’offrent à la vue. Voici une petite sélection sur un circuit de Rodez à Aurillac en passant à l’aller par Conques et par Laguiole au retour.

pièce archéologique du Musée Fenaille à Rodez
Musée Fenaille à Rodez

Ce musée d’archéologie et d’histoire du Rouergue, située en plein centre de la vieille ville, abrite entre autres une exceptionnelle collection de statues menhirs datant du troisième millénaire av. J.-C. Découvertes dans la région à la fin du XIXe siècle, elles constituent quelques-unes des premières représentations de l’homme, et de la femme, de l’histoire de l’humanité.

Voici ce qu’en dit Pierre Soulages, grand peintre natif de Rodez : « Lorsque pour la première fois j’ai vu les stèles gravées du musée Fenaille, ce fut un choc. Ces pierres venant de loin allaient loin en moi. J’y lisais certes une volonté d’aller à l’essentiel pour arracher au bloc inerte une présence humaine. Mais surtout je me suis senti proche de l’homme qui avait gravé ainsi, sculpté ainsi, plus que de cet autre dont l’ambition était la beauté antique. » (In Statues-MENHIRS, des énigmes de pierre venues du fond des âges, Editions du Rouergue, disponible au musée) www.musee-fenaille.com

Salles-la-Source

Salles-la-Source

En croisant le charmant village de Salles-la-Source, on aura peut-être la chance de contempler une étonnante cascade dans toute sa splendeur. Peut-être, car cette cascade, située en plein 

village, ou plutôt l’eau qui l’alimente, est aussi exploitée par une mini centrale hydroélectrique ce qui, à certaines heures, diminue fortement son débit.

La plupart des habitants de cette commune sont opposés à l’exploitation de cette cascade et le fait savoir par des panneaux situés à l’entrée du village et sur un blog consacré au sujet (www.ranimons-la-cascade.fr).

En attendant que les villageois retrouvent pleine possession de leur cascade, on pourra faire un tour dans l’étonnant musée consacré aux arts et métiers traditionnels. Établi sur les trois étages d’une ancienne filature, il expose une collection extrêmement abondante d’outils et machines utilisés par les artisans de l’ancien temps, des savetiers aux vignerons en passant par les pêcheurs, les agriculteurs et bien d’autres.  http://www.salleslasource.fr

 

Conques

Bien que Pierre Soulages soit né à Rodez, aucune de ses œuvres n’est visible dans la capitale de l’Aveyron. Il faudra pour cela attendre 2013 que soit terminé le musée qui lui sera consacré et qui abritera de très nombreuses pièces cédées par donation. Pour l’heure, les seules œuvres du peintre du noir et de la lumière que l’on puisse admirer dans l’Aveyron sont les vitraux de l’abbatiale Sainte Foy de Conques où il dit avoir décidé de devenir peintre, dans son jeune âge.

Conques

Située au centre d’un très beau village médiéval, l’abbatiale de Conques compte parmi les plus beaux monuments de l’art roman. Elle est notamment célèbre pour le très instructif tympan du jugement dernier, surmonté d’une ribambelle de « curieux » vraiment étonnants. www.conques.fr

Aurillac et sa région

Outre le Festival international de théâtre de rue, événement capital pour cette forme d’expression qui a lieu tous les ans la troisième semaine d’août, Aurillac propose à ses visiteurs plusieurs musées dont le Muséum des Volcans et le musée d’art de d’archéologie. Tout autour d’Aurillac, se dessine un chapelet de châteaux dont les portes sont ouvertes aux visiteurs. www.iaurillac.com, www.route-chateaux-auvergne.org, 

Laguiole et l’Aubrac

Laguiole, c’est « le » laguiole, le fameux couteau, célèbre dans le monde entier. Il s’en exporte d’ailleurs aux huit bosses de la planète. Il en vient aussi de partout. Selon le guide de la coutellerie Honoré Durand, 80 % des couteaux vendus à Laguiole seraient, totalement ou partiellement, des contrefaçons et proviendraient principalement de Chine et du Pakistan. Le problème du laguiole est que la marque n’a jamais été déposée et qu’elle est donc entrée dans le domaine public.
Chez Honoré Durand, pas de doute, on peut visiter tous les ateliers, en semaine. Le week-end aussi mais les artisans sont de repos. Voir donc ces artisans à l’œuvre – chacun d’eux assure la fabrication complète d’un couteau – est la garantie que le couteau en question est un véritable laguiole.

Mais pour l’amateur peu averti, difficile de faire la différence. Tel ce monsieur qui arrive tout fier dans la boutique Honoré Durand, devant les yeux ahuris de votre serviteur, et demande si l’on peut restaurer « son » laguiole numéroté. Le vendeur ne l’a même pas encore pris dans ses mains qu’il lâche au propriétaire de cette belle pièce : « C’est un pakistanais, ça, monsieur. » Le client n’en croit pas ses oreilles. « Mais il a été acheté à Laguiole, c’est un cadeau que l’on m’a fait il y a quelques années ! » Inflexible, le vendeur répète, couteau en mains cette fois : « C’est un pakistanais, monsieur. » Il n’a pas le temps de finir de montrer les preuves de ce qu’il avance que le client, dépité, plein d’une sourde colère, lui intime : « Jetez-le à la poubelle ! » Selon le vendeur en question, ce genre de scène serait monnaie courante.
Chez Honoré Durand, on ne craint pas la concurrence. « Allez donc chez les voisins, mais surtout demandez à visiter les ateliers, tous les ateliers, de la forge à l’affûtage et au polissage final en passant par l’assemblage (chez Durand, tout est fait sur place, à l’exception du trempage). Si l’on vous dit qu’ils sont fermés en ce moment, vous pouvez commencer à avoir des doutes. » Mais attention, le fait qu’un laguiole ne soit pas fait à Laguiole n’empêche pas qu’il soit de bonne qualité, précise-t-on chez ces artisans reconnus.

En tout état de cause, une visite chez les uns ou chez les autres, n’engage à rien.
La visite guidée chez Honoré Durand, dont les ateliers se trouvent à la sortie de Laguiole en direction d’Aubrac (mais le magasin se trouve dans le centre ville), est fort instructive. On y apprend que l’actuel laguiole est fortement inspiré de la « navaja » espagnole. C’était du temps où les jeunes de l’Aubrac, en manque de travail chez eux, devaient traverser la frontière des Pyrénées pour vendre leur force de travail en tant que bûcherons. L’un d’eux revint au pays équipé d’une belle navaja qui fit l’admiration des siens restés au pays. Admiration critique cependant puisque l'on trouva le manche de la navaja un peu trop biscornu. Question de goût, mais toujours est-il que le laguiole se distingue par un manche plutôt droit et par le fait qu’il n’est pas à cran d’arrêt.
On apprend encore que les manches de corne ne sont pas extraits des vaches du coin, les Aubrac, pourtant nombreuses, et à la chair fort savoureuse soit dit en passant. La raison est simple : si vous arrachez la corne d’une vache, ou d’un bœuf, (le taureau, il vaut mieux ne pas essayer), vous vous apercevrez que la base est creuse mais la pointe pleine. Plus l’animal est vieux, plus la pointe, pleine donc, est longue, et plus on peut y tailler des manches. Le drame est que, surconsommation de viande bovine aidant, ces braves bêtes sont sacrifiées de plus en plus jeunes. La pointe de leurs cornes n’ont donc pas le temps de pousser et ne sont donc pas exploitables en coutellerie. Elles peuvent en revanche être du meilleur effet utilisées en porte-manteau. Les cornes des laguiole proviennent d’Afrique, pas forcément de la corne de l’Afrique, et ont été empruntées en majorité à des zébus, à des buffles en moindre mesure.

Les manches des laguiole peuvent aussi être faits de bois, de buis, d’olivier, ou même d’ivoire de défense d’éléphant ! Dans ce dernier cas, l’ivoire provient de stocks tout à fait légaux et contrôlés. Mais ça coûte bonbon ! L’acier, lui, vient de Suède, championne du monde en la matière.
Que l’on ressorte de la visite guidée avec ou sans couteau et son certificat de garantie, on aura en tout cas appris beaucoup d’autres choses (on raconterait bien tout le reste mais la crainte d’être accusé de contrefaçon limite nos ardeurs). Qu’il soit clair cependant que, une fois que l’on aura eu une petite idée des labyrinthes juridiques et des dédales légaux qui permettent de vendre de « faux » laguiole comme s’ils étaient de « vrais » laguiole, on aura besoin de grands bols d’air frais. A peine sorti de chez Durand, prendre la route à droite, en montant, et poursuivre jusqu’à atteindre le plateau de l’Aubrac.
Site de la coutellerie Honoré Durand : www.layole.com
Office du canton de Laguiole : www.laguiole-online.com

L’Aubrac

l'Aubrac

Avec ou sans couteau, donc, l’Aubrac s’offre à perte de vue et souffle coupé. Alpages ondulés (quels beaux parcours pourraient y être dessinés), forêts, églises romanes, vaches, fleurs à profusion, gentiane, arnica (ça peut servir) et même du thé (d’Aubrac), randonnées, fromage, burons (constructions typiques aux toits de lauzes), sentiers d’observation : de quoi passer du temps sans le voir passer. Renseignements complets sur le différents sites déjà cités et sur :
www.maisondelaubrac.fr et www.tourisme-aveyron.com

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