Le Touuquet

Trois parcours, 45 trous

Créé en 1904, le golf du Touquet compte trois parcours et 45 trous :  "La Mer ", son fleuron, mais aussi le 18 trous de "La Forêt" et le joli 9 trous "Le Manoir".

Inauguré par Lord Balfour

Quarante-cinq trous en 1931... et toujours quarante-cinq trous en 2012 ! C’est une chance que le golf du Touquet ait traversé les aléas parfois violents de l’histoire du XXe siècle. Et c’est une chance qu’il résiste encore dans son intégralité aux temps économiques agités de la dernière décennie. Le parcours de la Forêt, créé en 1904 et qui serpente à plat dans la pinède, est le quatorzième plus ancien parcours français. Ce sont deux Anglais, John Whitley et Allen Stoneham, devenus en quelque sorte propriétaires du Touquet en 1902, qui furent à l’origine de sa création. Avec une inauguration, à l’époque, par le Premier Ministre anglais : Lord Balfour himself !

1931: Colt au Touquet, Simpson à Hardelot !

Après ce premier 18 trous de "La Forêt" né en 1904, un 9 trous suit en 1910. Et en 1931, l’affluence des touristes golfeurs anglais ne s’étant pas démentie, c’est à Harry Shapland Colt, le célèbre architecte britannique, qu’on confie la création du second 18 trous du Touquet: "La Mer". Un des premiers grand site dédié à la petite balle blanche est donc né dans l’Hexagone. Il est d’ailleurs assez fou de penser que la même année, en 1931, un autre grand du design golfique, Tom Simpson, achevait la création du golf des Pins à Hardelot. Deux géants sur la Côte d’Opale, à 23 kilomètres de distance, et en même temps! La légende dit que John Withley, pas forcément adopté à l’unanimité par ce qu’on appelle la "bulle touquettoise", avait choisi de mettre aussi l’accent sur Hardelot, où ses entreprises de mécène-investisseur en matière de golf (création du parcours des Pins dès 1906) rencontraient davantage de chaleur et de reconnaissance qu’au Touquet.

De John Whitley à la famille Boissonnas...

Malgré les ravages de la seconde guerre mondiale sur les parcours de la Côte d’Opale, malgré la dévastation de son Grand Hôtel du golf, de son clubhouse et de ses parcours, l’histoire du golf du Touquet reprendra grâce aux familles Stoneham, puis Bell. Et en 1992, il y a vingt ans, c’est la famille Boissonnas (lire par ailleurs) qui reprend le flambeau. C’est une chance. Une chance qu’après les visionnaires anglais, ce soit par la volonté d’un groupe familial français spécialiste, Open Golf Club, que se poursuive l’aventure du Golf du Touquet. Comme en 1931, les visiteurs trouvent donc là, à un drive de la Grande Plage du Touquet Paris-Plage, trois parcours historiques: "La Mer", en star absolue, "La Forêt", en mise en jambes de qualité, et "Le Manoir", un 9 trous qui séduit jusqu’aux très bons joueurs.

Index 36 pour «La Forêt», 24 pour «La Mer»

Charles Debruyne, pro de golf qui est devenu, en 2006, le responsable de ces trois entités réparties sur 350 hectares, reste très enthousiaste: «C’est fabuleux d’avoir sur le même site deux ambiances aussi différentes!» D’un côté "La Forêt", plutôt récréatif, propice à l’amusement, même si le directeur demande tout de même un vrai index de 36 à ses visiteurs «pour garantir la fluidité du jeu». De l’autre, "La Mer", le parcours pour lequel on vient de loin (Britanniques, Belges, Néerlandais notamment) et pour lequel un 24 d’index est exigé. Enseignant lui-même, Charles Debruyne est bien placé pour savoir ce qui attend les joueurs au niveau inadapté: «Je ne vois pas comment on peut se faire plaisir sur un parcours comme La Mer si on est 36 d’index et qu’on signe une carte de 120...»

Avec Tiger Woods et Romain Wattel

On dit de "La Mer", avec ses massifs dunaires, son tracé sablonneux et son côté sauvage sans aucune maison dans le champ de vision, qu’il est peut-être le links le plus authentique de France. C’est en tout cas un "must" pour les connaisseurs, français et étrangers, et pour tous ceux qui se souviennent de cet Open de France 1977 remporté là par un certain Seve Ballesteros : la première victoire pro du génie espagnol. Le parcours a aussi vu passer un tout jeune Tiger Woods, venu disputer une rencontre inter-ligues quand il était encore étudiant. L’Ecossais Sam Torrance y a, lui, signé un 63 record. Et plus récemment, en 2009, Romain Wattel, l’un des meilleurs Français aujourd’hui sur le circuit européen, y est devenu champion de France juniors dans des conditions météo difficiles qui corsaient encore le long challenge sur 6400 mètres. «Les tout bons en bavent encore ici» sourit Charles Debruyne.

Formé à Birmingham et au Belfry

Parce qu’un parcours aussi historique se chouchoute, Debruyne vient de confier "La Mer" à un greenkeeper du Royaume-Uni: Ian Barnard. Cet ancien joueur "scratch" veillait jusque là sur le Royal Cinque Ports, parcours qui reçut deux fois "l’ancien" Open britannique et qui sera le théâtre du British Amateurs en 2013. C’est lors de sa formation en management appliqué au golf (trois ans à l’université de Birmingham, avec interventions de la PGA britannique et des sessions pratiques au Belfry ou au Royal Cinque Ports) que Charles Debruyne avait noué des contacts avec Barnard, mais aussi avec l’Ecossais Gordon Irvine, qu’il fait maintenant venir comme consultant au Touquet. Professeur auprès des étudiants en greenkeeping du Royal & Ancient, Irvine donnait même, il y a quelques mois, une conférence à Pinehurst, l’un des joyaux du golf américain! Avec les plans de fertilisation d’Irvine, le golf du Touquet a réduit de 70% ses apports d’engrais en même pas trois ans. L’idée, avec Barnard notamment, c’est, dixit Debruyne, de «récupérer un parcours de La Mer encore plus links, avec un sol ferme et roulant»...

Un Open de France en... 2031 ?

Le responsable actuel du golf, originaire d’Abbeville donc un proche enfant de la région, a un attachement fort pour ce site qu’il a pratiqué très jeune. Avec un souvenir marquant sur ce fameux tracé de "La Mer": «J’avais douze ans et je me trouvais sur le n°11 quand j’ai eu l’impression que le parcours et la nature étaient plus forts que moi. C’est la seule fois de toute ma vie où je me suis senti aussi petit sur un parcours de golf.» Occupé, comme d’autres avant lui, à perpétuer la tradition et l’histoire du golf du Touquet, qui passera toujours par la mise en valeur du parcours et la qualité des infrastructures adjacentes, Charles Debruyne s’amuse à rêver à une sorte de Centenaire fabuleux, hommage à la création de Harry S. Colt en 1931: «Et si on imaginait l’organisation de Open de France ici en 2031 !»

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