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Roger Damiano, la perpétuelle quête du swing

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19/11/2013

Pour Roger Damiano, le swing, c’est un peu comme le sacré Graal. Contrairement à ce que certains fabulistes cherchent à faire croire, "le" swing parfait n’a encore jamais été trouvé. Cela explique pourquoi Roger Damiano, 50 ans de golf au compteur, qui a été l’entraîneur de quelques-uns des meilleurs joueurs français, Jean Baptiste Gonnet ou Victor Dubuisson, mais aussi head pro à Cannes Mougins, se précipite sur son parcours dès qu’il a une heure ou même une demi-heure.

Roger Damiano

« J’ai toujours mon sac sur la voiturette, explique-t-il. C’est une passion, vous savez ? » N’y aurait-il donc aucune chance de le trouver, ce satané swing parfait ? « C’est que j’aime bien chercher », répond-il. Voilà sans doute la clef, la recherche permanente, la seule démarche qui permet d’évoluer, de ne pas s’enliser dans des certitudes.

L’évolution, c’est ça son truc, à Roger Damiano : « Dans tous les sports, le haut niveau apporte quelque chose. La semaine dernière j’ai donné une formation pour une vingtaine de pros de la région sur l’évolution de l’enseignement moderne par le haut niveau. Je leur ai appris des choses. Notamment les choses à ne plus dire, garder la tête sur la balle, par exemple, toutes ces conneries qu’on ne devrait plus entendre. »

« Je fais part de mes expériences, de mes sensations, poursuit l’entraîneur. J’ai la chance d’avoir un peu pratiqué à haut niveau et surtout d’avoir suivi le haut niveau, avec Jean-Baptiste Gonnet, Victor Dubuisson et Diana Luna. Il y a des choses qui ont beaucoup évolué, le physique est beaucoup plus important. Il y a beaucoup moins de mains, il faut jouer sur le haut du corps. Donc il faut travailler le physique. Ce qui est une vérité, c’est que plus le premier coup est long, plus le second est petit. »

Toutes ses idées, ses différents points de vue, sa méthodologie se retrouveront un jour dans un livre qu’il a le projet d’écrire. Mais attention, il prend son temps, « pour ne pas dire de conneries ». « Je fais de temps en temps le tour des golfs pour voir les pros à l’œuvre. Quand on donne une leçon à quelqu’un, on ne passe pas son temps appuyé contre un mur à regarder passer les voitures. Ce sport devient très vite une passion pour les amateurs, et on n’a pas le droit de faire n’importe quoi. J’ai toujours eu conscience de l’importance fondamentale du rôle de l’enseignant. »

C’est que Roger Damiano sait fort bien de quoi il retourne, le golf a été toute sa vie et ce chemin-là a été parsemé de quelques embûches. Avec son frère Michel, aujourd’hui décédé, il a débuté sa carrière comme caddy : « Avec Michel, on venait faire le caddy ici, il y a 55 ans. J’avais 11 ans. Les chariots n’existaient pas, les sacs étaient en cuir, et on en avait parfois un sur chaque épaule. Et quand on était au fond du parcours, là-bas, au 12, le club house était bien loin. »

Comme dans la grande majorité des clubs à cette époque-là, les caddys n’avaient pas le droit de jouer. Et comme à peu près partout ailleurs, Michel et Roger allaient se cacher au plus loin du club house pour taper des balles, sans doute subrepticement subtilisées, avec des clubs très provisoirement empruntés. Jusqu’au jour où le pro du club, certainement pas dupe et lui aussi caché derrière quelque chêne à les observer, leur propose de leur apprendre le métier.

« Le métier, ça a commencé par lui cirer ses quatre paires de chaussures tous les matins, rigole Roger Damiano avec délectation. Eh oui, on a commencé comme ça. Et puis on a joué de plus en plus, puis on a tenté notre chance sur le circuit mais comme on n’a jamais eu de sponsors, il fallait revenir travailler au club entre deux tournois. »

C’est donc le circuit français, qui comptait à une certaine époque une vingtaine de tournois par an, le Tour européen, puis, bien plus tard, le Senior Tour. Bref, Roger sait ce qu’il en coûte de faire un métier de sa passion. Mais il toujours fait ça avec plaisir : « J’adore ce que je fais, Michel c’était pareil. Je ne me suis jamais dit, tout au long de ma vie, « merde, il faut que j’aille travailler ». Mais, quand on enseigne, il faut toujours continuer à chercher et à travailler. C’est quand même mieux quand on peut montrer aux jeunes ce qu’on leur dit de faire… »

Mais voilà, ainsi vont les choses. On montre aux jeunes ce qu’ils devraient faire, il le font un certain temps, puis larguent les amarres. Ainsi Jean-Baptiste Gonnet et Victor Dubuisson s’en sont allés vers d’autres coachs. « Jean-Baptiste, j’ai passé plus de 10 ans avec lui et Victor je m’en suis occupé depuis ses 13 ans. Il était comme un fils pour moi. Il est resté un peu gamin mais il faut surtout qu’il se mette au boulot. Mais j’ai toujours pris son parti. C’est fini avec eux, mais je souhaite vraiment qu’ils y arrivent. Et ils vont y arriver. »

Ce qu’il retient de ces expériences avec ces jeunes champions, c’est qu’il faut développer leur potentiel en tenant compte de leur caractère. « Il n’y a pas de style espagnol, suédois ou je ne sais quoi, s’énerve-t-il. Tous les joueurs sont différents, il faut juste trouver des solutions adaptées. Et chacun doit trouver son propre rituel. Je dis rituel et non pas routine, ce qui est péjoratif. Mais le rituel, ça commence dès le matin quand on se lève et ça se termine le soir. Et parfois, c’est dur de faire le débriefing… »

Pour l’heure, Roger Damiano travaille principalement avec l’Italienne Diana Luna, brillante joueuse italienne du circuit féminin, et de l’équipe des moins de 17 ans de Cannes-Mougins. « J’ai là quelques gamins tout jeunes qui ne vont pas tarder à se retrouver en pôle espoir ou en pôle France, se félicite-t-il. Mais une fois dans ces structures, fini les coachs personnels, ce qui est normal d’ailleurs. Il ne faut pas se mettre au milieu. Mais ce n’est pas grave, je les retrouverai plus tard ! »

Roger Damiano les attend donc, tout en s’occupant des autres gamins qui ne tarderont pas à percer et à prendre la place de ceux qui s’imaginent avoir trouvé le swing idéal. Du haut du club house de Cannes-Mougins, devant la baie vitrée qui surplombe le 18, Roger est là, disponible pour montrer le chemin de la remise en question, un seul regret au coin de l’œil : « C’est vraiment dommage qu’il ne reste plus rien de l’histoire de tous ces golfs qui sont centenaires ou presque. »

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