Dédé
Le golf vu par Dédé de Savenay

Au golf de Savenay joue André. Soixante-dix piges au compteur, moins de soixante à vue d’œil. André est de Nantes, grande cité bien pourvue en parcours de golf , mais c’est à Savenay, à une quarantaine de kilomètres de sa ville, qu’il vient exercer ses talents et surtout prendre du plaisir à jouer. Mais que diable André ! C’est de Dédé qu’il s’agit !

Avant même qu’il n’ait pris le départ du 1, un joli par 4 bien défendu, Dédé s’extasie sur ce parcours et le travail du greenkeeper. « Il n’a jamais été aussi beau », s’exclame-t-il. Le parcours, bien sûr, pas le greenkeeper. « Il est vraiment extraordinaire, le " petit ", regarde ces sous-bois comme ils sont propres. Et ces greens, grands comme ils sont, c’est un sacré boulot. Ils sont cinq jardiniers, mais c’est des bosseurs, les gars ! »

Dédé est un poète, dans la veine bucolique. « La semaine dernière, il y avait un peu de vent. Ces massifs d’herbes hautes et de marguerites, tantôt ondulant, tantôt couchées, c’était d’une beauté ! »

Dessiné par Michel Gayon et inauguré en 1990, ce parcours est franchement agréable. Simple, c’est à dire sans fioritures, honnête, sans pièges cachés, il a ses défauts – le voisinage sur quelques trous de la voie rapide Nantes-La Baule, quelques maisons un peu disparates, le long du 4, notamment, quelques lignes haute-tension lointaines mais visibles – mais il a surtout ses qualités. Et ses beautés.
Les par 5, au nombre de cinq (Savenay est un par 73), sont particulièrement réussis. Certains sont difficiles, d’autres plutôt aisés, mais tous sont très vallonnés et dotés d’un magnifique dessin. D’ailleurs, Dédé, qui sait aussi lever la tête et admirer le paysage (il ne devrait pas le faire au moment de l’impact, mais bon…) fait remarquer : « Regarde, si on voit ce trou du green vers le départ, ce par 5 (le 2) est vraiment très beau ! »
Dédé est aussi un véritable amateur : « Ce qu’il y a de bien à Savenay, c’est qu’on n’est ni à Nantes ni à La Baule ! A les entendre, les joueurs de Nantes et de La Baule sont tous des pros. En tout cas en paroles, parce que sur le terrain… Ici, personne ne se prend la tête, on joue pour le plaisir sans se prendre pour quelqu’un d’autre. »

Dédé n’a que 20 ans de golf derrière lui, et auparavant 25 ans de tennis et à peu près autant de pêche à la truite, au lancer. C’est sans doute ce qui lui donne cette aisance dans le travail des poignets. Faut voir avec quelle aisance il enroule ses balles ! « Au début, ce sont mes copains qui m’ont traîné, presque de force. Mais j’ai vite compris ! Ce jeu est fabuleux ! A mon tour, j’ai initié un sacré paquet de mes copains à ce sport ! »

Au cours de sa première année de pratique, Dédé est passé de 36 à 23 de handicap. « Au début, j’y ai cru, je faisais des compétitions et je suis descendu à 12. Mais jouer des compètes avec des gars qui se prennent au sérieux, ça suffit. » Finies donc les compétitions, Dédé joue tout simplement avec ses amis, avec la tournée au bar du club house pour enjeu, et il adore ça, ferrailler juste pour le plaisir du jeu.
Il ne faudrait cependant pas prendre Dédé pour un dilettante. La preuve ? Il prend des cours, régulièrement, pour gagner en technique ce qu’il perd en puissance. Et il a même pris des cours de putting. Son pro n’en croyait pas ses oreilles lorsqu’il le lui a demandé. C’était la première fois qu’un amateur lui demandait autre chose que de lui apprendre à taper come un sourd.

Dédé

« Je putt comme un grand champion de l’ancien temps, Sam Snead, dit-il en rigolant. C’est mon pro qui me l’a dit. Et je putte plutôt pas mal. Du coup, pas mal de mes copains m’ont imité. » Face au trou, le putter sur le côté droit, Dédé manque rarement sa cible. On peut le certifier. Pas étonnant qu’il ait fait des émules au side-saddle putting.

On peut dire qu’il l’aime, son parcours, Dédé. Pas une escalope qui traîne qu’il ne ramasse, pas un pitch qu’il ne relève. Le tout en silence. Mais si on le branche, Dédé élève le ton contre « ces salopards qui ne prennent pas soin des parcours ». Carreleur de métier, Dédé est ensuite devenu formateur auprès de travailleurs handicapés. « Auprès de ces gens-là, quelles leçons de courage tu prends ! Et quel bonheur de pouvoir parfois leur redonner confiance en eux ! »
On comprend qu’à la lumière de son expérience professionnelle, Dédé sache apprécier les choses à leur juste valeur. Les grandes et les petites. Comme ce parcours « compact » de neuf trous qui complète le site de Savenay. « Je ne sais pas pourquoi on l’appelle compact. Mais c’est un vrai parcours, avec de vrais trous, et même des par 4 ! » Bien que Dédé ait une affection particulière pour ce neuf trous (c’est ici qu’il a débuté le golf il y a un peu plus de vingt ans), on ne peut que s’incliner.

Dessiné dans la partie la plus boisée du site, autour de la « bassine à Dédé », un petit étang où notre ami a écoulé, dans le temps, quelques balles, ce parcours de 1244 mètres, que l’on peut aussi jouer en pitch and putt, vaut vraiment le déplacement. Aussi soigné que le 18 trous, il permet de s’aguerrir dans un cadre vraiment privilégié.
Et de se perfectionner. « Parce qu’il faut toujours essayer de s’améliorer, sinon, ça ne vaut pas le coup de jouer », avance Dédé qui sait de quoi il parle. « Quand le drive va, c’est les seconds coups qui flanchent. Quand les seconds coups vont, c’est le putting qui fait défaut. Quand le putting va, c’est le drive qui faiblit. Comme je dis toujours, dans le golf, il manque toujours une vis de 4 ! »

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